Seul jour férié légalement obligatoirement chômé, le 1er mai répond à un régime spécifique en matière de repos et de rémunération. Principe, exceptions admises et contreparties en cas de travail : un point complet sur les règles applicables aux employeurs.
Le principe : le 1er mai est chômé et payé
Le 1er mai est le seul jour férié qui est, sauf dérogation, obligatoirement chômé. C’est une règle d’ordre public. Les manquements à l’obligation de repos et à l’obligation de rémunération du 1er mai sont punis d’une contravention de 4e classe (750 €), appliquée autant de fois qu’il y a de salariés employés ou rémunérés en violation des règles.
Le chômage du 1er mai ne peut entrainer une réduction de rémunération, quelle que soit l’ancienneté du salarié. Le 1er mai ne peut pas être choisi comme journée de solidarité. Sur le travail de nuit => le 1er s’entend du jour civil de 0h à 24h. Il est interdit d’occuper des salariés pendant toute cette plage.
Sur les frais professionnels => le salarié ne travaillant pas le 1er mai n’a pas droit aux frais professionnels dont il aurait bénéficié s’il avait travaillé (ex : indemnité repas, indemnité de déplacement, …).
Références :
- Article L. 3133-4 du code du travail : « Le 1er mai est jour férié et chômé» ;
- Article L. 3133-5 du code du travail : « Le chômage du 1ermai ne peut être une cause de réduction de salaire. Les salariés rémunérés à l’heure, à la journée ou au rendement ont droit à une indemnité égale au salaire perdu du fait de ce chômage. Cette indemnité est à la charge de l’employeur. »
Les dérogations au chômage du 1er mai
Le travail le 1er mai n’est autorisé que dans les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail.
Il n’existe aucune liste de ces établissements. On peut cependant considérer que font partie de cette liste :
- les hôpitaux ;
- les établissements hôteliers et d’hébergement ;
- les services de transports (transport sanitaire, de personnes, de marchandises indispensables à la continuité de la vie économique et sociale, …) ;
- les activités de spectacles et loisirs (spectacles programmés, parcs de loisirs, …) sous réserve de justifier l’impossibilité d’interruption ;
- lers activités de sécurité et de protection des biens et personnes (gardiennage, sécurité) ;
- les exploitations agricoles (par exemple, pour nourrir les animaux)
Le travail le 1er mai est payé double (salaire habituel + indemnité égale au montant de ce salaire), sans condition d’ancienneté. L’indemnité versée liée au travail le 1er mai ne peut pas être remplacée par du repos. S’il y a repos, il vient s’ajouter à l’indemnité (toujours vérifier ce que prévoit la convention collective).
Référence :
Article L. 3133-6 du code du travail : « Dans les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail, les salariés occupés le 1er mai ont droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire. Cette indemnité est à la charge de l’employeur.
Qu’en est-il des boulangers et des fleuristes pour le 1er mai 2026 ?
Préalable : rien n’empêche un commerce d’ouvrir le 1er mai, à condition que les salariés ne travaillent pas ce jour-là. Par exemple, le boulanger patron peut travailler le 1er mai.
Les commerces de détail ne bénéficient pas de dérogation au chômage de leurs salariés du 1er mai. En 2024, des boulangeries qui ont fait travailler leurs salariés le 1er mai ont été sanctionnées (amendes).
Le 17 avril 2026, le Premier Ministre a annoncé que les boulangeries-pâtisseries artisanales et les artisans fleuristes pourront ouvrir et employer des salariés le 1er mai 2026. Il a également annoncé qu’un projet de loi en ce sens serait bientôt présenté, mais après le 1er mai 2026 ! Il ne pourrait donc s’appliquer qu’à compter de 2027. Un précédent projet de loi avait vu le jour, mais il a été interrompu.
Le Premier Ministre a également précisé : « les services de l’Etat vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces 2 secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi. » Par contre, aucune instruction n’est donnée à l’Inspection du Travail ou au juge, qui restent indépendants.
Pour résumer, si un artisan boulanger ou fleuriste fait travailler un salarié le 1er mai 2026 et que l’Inspecteur du Travail le sanctionne, l’infraction ne donnerait pas lieu à des poursuites de la part du ministère public.
Il faudra cependant respecter les règles prévues dans le futur projet de loi, notamment :
- ne pourront travailler le 1er mai que les salariés volontaires qui ont donné leur accord par écrit ;
- les heures de travail seront payées double (pour les artisans fleuristes, la CCN prévoit un paiement doublé + un repos équivalent aux heures travaillées le 1er mai).

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