La campagne agricole s’inscrit dans un contexte économique particulièrement tendu. Entre la volatilité des marchés, les aléas climatiques, la hausse des charges d’exploitation et les incertitudes sur les revenus, de nombreuses exploitations agricoles voient leur trésorerie fragilisée.
Pour les Entreprises de Travaux Agricoles (ETA), cette situation se traduit directement par un allongement des délais de paiement, des demandes d’échelonnement plus fréquentes et une pression accrue sur leur propre trésorerie. Pourtant, les ETA doivent continuer à faire face à des charges importantes : salaires, remboursement des matériels, carburant, entretien des équipements ou encore préparation des chantiers d’automne.
Dans ce contexte, l’anticipation devient un véritable levier de gestion. Plusieurs solutions peuvent être mobilisées afin de sécuriser la trésorerie de l’entreprise tout en préservant la relation avec les clients.
Élaborer un prévisionnel de trésorerie
Le premier réflexe consiste à établir un prévisionnel de trésorerie sur les 6 à 12 prochains mois. Cet outil permet de visualiser les encaissements attendus, les échéances de charges fixes (salaires, remboursements d’emprunts, carburant, fournisseurs…) ainsi que les investissements programmés.
Au-delà du pilotage quotidien, ce document constitue un support indispensable lors des échanges avec les partenaires bancaires ou le Médiateur du crédit. Il permet de présenter une situation objectivée, d’identifier les périodes les plus sensibles et d’anticiper les besoins de financement.
Un tableau mensuel des entrées et sorties de trésorerie, actualisé dès qu’un client annonce un retard de règlement, constitue une bonne pratique pendant toute la période de tension.
Sécuriser les encaissements grâce au prélèvement automatique
Pour les clients réguliers, la mise en place d’un mandat de prélèvement SEPA constitue une solution simple et efficace.
Le prélèvement automatique sécurise la date d’encaissement, limite les oublis de paiement et réduit le temps consacré aux relances administratives. Cette solution est particulièrement pertinente lorsqu’un échéancier de paiement a été convenu avec le client.
Sa mise en œuvre nécessite un mandat SEPA signé par le client ainsi qu’une convention avec la banque de l’ETA.
Proposer un échelonnement des paiements
Attendre le premier impayé n’est pas toujours la meilleure stratégie. Lorsqu’un client présente des difficultés de trésorerie identifiées, il peut être judicieux de proposer dès la contractualisation des travaux un paiement échelonné.
Par exemple, un acompte peut être demandé à la commande, puis le solde réparti sur deux ou trois échéances correspondant aux principales rentrées de trésorerie de l’exploitation (récolte, versement des aides PAC, commercialisation des productions…).
Cette démarche permet d’anticiper les difficultés, de sécuriser les encaissements et de préserver une relation de confiance avec le client.
Solliciter la Médiation du crédit
En cas de difficultés avec un établissement bancaire (refus de découvert, réduction ou suppression d’une ligne de trésorerie, refus de financement ou difficultés avec un assureur-crédit), la Médiation du crédit de la Banque de France peut être sollicitée.
Ce service public est gratuit, confidentiel et accessible à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Les médiateurs territoriaux accompagnent les dirigeants dans leurs échanges avec les établissements financiers afin de rechercher une solution adaptée.
Les entreprises des Côtes-d’Armor peuvent déposer leur dossier directement sur le site de la Banque de France : https://www.banque-france.fr/fr/a-votre-service/entreprises/saisir-mediation-credit
Pour toute information, un conseiller est joignable au 34 14 (prix d’un appel local), du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30. Il orientera l’entreprise vers le médiateur territorial compétent.
Renégocier ses financements bancaires
Lorsque les tensions de trésorerie sont temporaires, il est recommandé d’engager rapidement le dialogue avec son conseiller bancaire. Plusieurs solutions peuvent être étudiées :
- le report de mensualités de prêts matériels,
- la mise en place d’une ligne de trésorerie court terme
- l’augmentation temporaire du découvert autorisé.
Ces démarches sont généralement plus efficaces lorsqu’elles sont engagées avant que les difficultés ne deviennent critiques.
Mobiliser ses créances grâce à l’affacturage
L’affacturage permet à une ETA de céder ses créances clients à un organisme spécialisé (le factor) afin d’obtenir rapidement les liquidités correspondantes, moyennant une commission.
Cette solution peut répondre à un besoin ponctuel de trésorerie, notamment lors des périodes de forte activité ou lorsque les délais de paiement s’allongent. Elle reste toutefois soumise à l’acceptation du dossier par le factor.
Anticiper pour préserver son activité
Les difficultés de trésorerie rencontrées aujourd’hui par certaines exploitations agricoles ont des répercussions directes sur les entreprises de travaux agricoles. Plus que jamais, l’anticipation est essentielle pour préserver l’équilibre financier de l’entreprise.
Piloter sa trésorerie, dialoguer en amont avec ses clients, sécuriser les modalités de paiement et mobiliser les dispositifs d’accompagnement disponibles permettent de limiter les tensions et de maintenir la continuité de l’activité.
Cerfrance Côtes d’Armor vous accompagne
Face aux tensions de trésorerie, il est essentiel de ne pas rester seul. Les conseillers Cerfrance Côtes d’Armor accompagnent les dirigeants d’ETA dans l’analyse de leur situation financière, la réalisation de prévisionnels de trésorerie, les échanges avec les partenaires bancaires et la recherche des solutions les plus adaptées à leur entreprise.
Anticiper les difficultés permet de conserver des marges de manœuvre et de sécuriser la poursuite de l’activité. N’hésitez pas à prendre contact avec votre conseiller Cerfrance Côtes d’Armor pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé.

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